Programme de l'année 2017-2018

Deux parties dans les séances de cette année: "Le temps de l'art, l'art du temps" (octobre et novembre), et "Ce qui est humain" (de janvier à avril), ainsi que trois séances de ciné philo.

Vendredi 20 octobre. Une oeuvre d'art est-elle nécessairement  belle ?

L’art contemporain suscite des réactions très diverses. « Non seulement ce n’est pas beau, dit-on parfois, mais ce n’est même pas de l’art ». C’est une remarque qui ne date pas d’hier, et qu’on a faite à toutes les époques, aussi bien pour le jazz que pour le baroque, et d’autres formes artistiques maintenant reconnues. Se demander si une œuvre d’art est nécessairement belle (la question a été un sujet de bac en juin 2017), c’est chercher ce qui fait qu’une œuvre peut être digne de l’art, questionner la place de la beauté dans une création qui ne cesse de se renouveler. On le fera ici en partant de nombreux exemples.

 

Vendredi 10 novembre. Perdre son temps, prendre son temps.

Plus nous sommes entourés d’objets qui nous font gagner du temps et moins nous en avons. Pire : nous avons la hantise de perdre notre temps et sommes fiers quand il est tellement bien rempli que nous pouvons nous dire « débordés ». Est-ce bien raisonnable ? Et d’abord, est-il vraiment possible de perdre son temps ? A partir de cette question faussement naïve, nous essaierons de concevoir une existence dans laquelle le temps est autre chose qu’une donnée numérique, et où prendre son temps n’est plus un idéal, mais une réalité.

 

Ciné philo vendredi 8 décembre. La traversée de Paris.

de Claude Autant-Lara (1956), avec Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès.

Paris, 1942. Quand Marcel Martin (Bourvil) accepte l’aide de Grandgil (Jean Gabin) pour transporter d’un bout à l’autre de Paris des valises contenant un cochon vendu au marché noir, il est loin de se douter des péripéties qui l’attendent. La traversée de Paris ne sera pas pour lui une partie de plaisir, même si elle est souvent comique pour le spectateur. Elle donne sur cette période historique un regard plus complexe qu’on pourrait penser. Un classique à la fois divertissant et profond qui permet de voir la façon dont le cinéma traverse, lui aussi, la réalité.

 

Vendredi 12 Janvier. La valeur du travail.

« Tout travail mérite salaire », cette idée est récente, non seulement parce qu’il n’y a pas si longtemps que l’on regroupe des activités très diverses sous le même nom de « travail », mais aussi parce que cela oblige à définir en quoi il consiste, à le rémunérer (plus ou moins !), et à le distinguer de ce qui est simple activité « libre ». Car si le travail est souvent associé à la contrainte, il a une valeur qui dépasse son rendement économique, une dignité proprement humaine qui lui donne toute son importance.

 

Ciné philo vendredi 9 février. Game of Thrones.

Succès mondial de ces dernières années, la série Game of Thrones semble être d’abord la course impitoyable que mènent plusieurs familles pour l’accès au pouvoir suprême symbolisé par le trône de fer. Mais derrière ce premier niveau, qui a capté l’attention de millions de spectateurs, se trouve une multitude d’enjeux concernant la morale, la liberté, les valeurs, le pouvoir et l’attitude à tenir face à la mort, auxquels tous les personnages sont confrontés. Ils sont souvent conscients de ces enjeux, et le disent. A de nombreuses occasions, Game of thrones aide ainsi à réfléchir, comme on le verra lors d’une conférence illustrée d’extraits pris dans toutes les saisons de la série.

 

Vendredi 16 février. La paix, une utopie?.

Il y a plus de deux siècles, Kant publiait un Projet de paix perpétuelle, visant à pacifier les rapports entre les nations. On le considère comme l’ancêtre de l’ONU mais l’existence de cette organisation n’a pas réussi, loin de là, à empêcher les guerres, encore nombreuses. La violence toujours présente fait-elle, définitivement, de la paix une simple utopie ? Parler de paix perpétuelle est sans doute irréaliste mais on verra que les arguments de Kant, aujourd’hui, sont toujours d’actualité.

 

Vendredi 16 mars. Mythe et récit national.

« Nos ancêtres les Gaulois » est une expression qui fait polémique, et que l’on pourrait prendre pour une caricature. Mais le succès des albums d’Astérix incite à y voir de plus près. Une nation ne peut exister sans un récit qui lui donne corps, autour d’événements, de personnages et de périodes marquantes, mais ce récit ne cesse d’être retravaillé. Mythe ou réalité historique ? Les polémiques qu’ils suscitent montrent que les récits nationaux restent des enjeux fondamentaux, et aident à comprendre ce qu’est une nation.

 

 Ciné philo mardi 27 mars. True Grit,

de Joël et Ethan Coen (2010), avec Jeff Bridges et Matt Damon.

Arkansas (E.U.), 1878. Mattie veut venger la mort de son père, et pour cela part à la recherche de son assassin. Ses quatorze ans ne l’empêchent pas de s’imposer au marshal Cogburn et au ranger LaBoeuf, tous deux impliqués avec elle dans la traversée d’un territoire indien à la poursuite du fugitif. Ils y feront des rencontres mouvementées, on s’en doute, mais la détermination de Mattie surprend jusqu’au bout. Ce western qui est aussi un conte, ce conte qui est aussi un western nous en apprend beaucoup sur l’incertitude, la cruauté et la beauté des rapports humains.

 

Vendredi 20 avril. Les bêtes et nous: l'animalité.

Devant les animaux, les êtres humains ne cessent d’osciller entre la volonté de marquer leur différence –nous ne sommes « pas des bêtes », disons-nous- et le soupçon, parfois la certitude, que la différence entre eux et nous n’est pas si grande. Certains n’hésitent pas à les mettre au même rang que les humains, et à parler des droits des animaux. C’est que nous sommes hantés par l’animalité qui est en nous. On ne peut pas y céder, mais on ne doit pas l’ignorer, non plus. Ce serait trop bête !