Programme de l'année 2018-2019

Après une première séance consacrée, conformément à la tradition, à un sujet de bac, et présentée sous forme de dissertation, les séances suivantes s'intéresseront à des auteurs classiques et contemporains pour avoir l'occasion, à chaque fois, d'aborder un thème à partir d'une de leurs oeuvres.

Vendredi 19 octobre. La culture nous rend-elle plus humains ?

Nous ne sommes plus à l’époque des Lumières, où l’on pensait qu’avec le progrès et le développement de la culture, nos mœurs s’amélioreraient à mesure que notre confort augmenterait. La barbarie est toujours là et on entend partout parler de déclin, de crainte de l’avenir. Mais de quelle culture s’agit-il ? Et plutôt que nous rendre « plus » humains, ne pourrait-elle pas se contenter de nous rendre humains, tout simplement ?

Cette conférence, dont le titre est tiré d’un sujet de bac de juin 2018, sera présentée sous forme de dissertation.

 Vendredi 16 novembre. La liberté, avec John Stuart Mill, "De la liberté" (1859).

« Le sujet de cet essai, écrit Stuart Mill en 1859, est la liberté sociale ou civile ; la nature et les limites du pouvoir que la société peut légitimement exercer sur l’individu ». Autant dire qu’un siècle et demi après, alors qu’on proteste souvent contre des « atteintes à la liberté » de la part des pouvoirs, et qu’on essaie avec plus ou moins de succès de protéger cette fameuse liberté, le sujet de cet essai est toujours d’actualité.

Ciné philo vendredi 7 décembre. Viva la libertà.

de Roberto Ando (2014), avec Toni Servilio et Valeria Bruni Tedeschi.

Enrico Olivieri, secrétaire général du principal parti d’opposition, se trouve dans une impasse politique. Il décide de disparaitre. Son secrétaire, ses amis, sa femme même ne savent pas où le trouver. Vive la liberté ! Son absence provoque une cascade d’événements inattendus quand surgit, à sa place, un personnage tout à fait imprévisible. Olivieri l’observe en spectateur médusé. Fallait-il partir ? Faut-il revenir ? Cocasse et profond, Roberto Ando, tout en nous divertissant, nous fait réfléchir sur le monde d’aujourd’hui.

  Vendredi 18 Janvier. La démocratie, avec Jacques Rancière, "La haine de la démocratie" (2005).

Qu’on ne s’y trompe pas : quand Rancière écrit en 2005 un livre intitulé La haine de la démocratie, ce n’est pas pour exprimer sa propre haine, mais au contraire pour se demander pourquoi cette forme politique peut susciter la haine, non seulement de ceux qu’elle pourrait léser, mais aussi de ceux qu’elle devrait protéger.

Vendredi 22 février. La gloire et la célébrité, avec Giorgio Agamben, "Le règne et la gloire" (2008).

« La démocratie contemporaine est une démocratie intégralement fondée sur la gloire, c’est-à-dire sur l’efficacité de l’acclamation multipliée et disséminée par les medias au-delà de toute imagination », écrit Giorgio Agamben. En remontant aux sources de la gloire, il nous aide à comprendre cette recherche de la gloire et de la célébrité qui reste une des marques de notre époque.

Ciné philo vendredi 8 mars. Game of Thrones."Femmes et pouvoirs".

A la suite de la séance de 2018, une nouvelle réflexion nous emmène dans les épisodes de Game of Thrones, série dans laquelle les femmes sont au centre des intrigues. Leur présence, comme leur place, mérite d’être soulignée, pas seulement parce que la séance a lieu le huit mars ! Et si le mot « pouvoirs » peut s’écrire au pluriel, c’est bien parce que l’action des femmes prend des formes aussi diverses que celle des hommes !

 Vendredi 22 mars. Le divertissement, avec Blaise Pascal (1623-1662), "Pensées".

« Un roi sans divertissement est un homme plein de misères », écrit Pascal. C’est que le divertissement, qui est maintenant une industrie, apparait comme une nécessité. Il aide à passer le temps. Il est aussi un écran. Que se passerait-il si nous n’étions pas occupés, voire « débordés » ? Il arrive de dire que nous n’avons pas une minute à nous, mais que ferions-nous si vous l’avions ? Pascal répond avec ironie et profondeur, nous obligeant à un autre regard sur le divertissement.

 Vendredi 26 avril. Le bonheur, avec Epicure (342-270), "Lettre à Ménécée".

« L’épicurien » est souvent considéré comme un bon vivant ne reculant pas devant les plaisirs et même les excès qui s’offrent à lui. Or, on est loin de ce qu’écrit Epicure, et s’il y avait un palmarès des philosophes ayant été compris de travers, il aurait incontestablement un prix ! C’est pourtant bien le bonheur qu’il recherche, et en vue duquel il donne des conseils à Ménécée. Mais comment l’atteindre ? C’est là qu’Epicure apparait sous un jour inattendu.

Ciné philo vendredi 10 mai. Rebecca,

d'Alfred Hitchcock (1940), avec Laurence olivier, Joan Fontaine, Judith Anderson

Un conte de fées cruel et vénéneux, d’après le roman de Daphnée du Maurier. Une des confrontations les plus tendues de l’histoire du cinéma autour du fantôme de Rebecca, l’épouse disparue que la gouvernante ne cesse d’évoquer auprès de la nouvelle maitresse des lieux, aussi fragile que belle. Dans quel but le fait-elle ? Jusqu’où ira sa fidélité envers la disparue ? De plus, on sait maintenant qu’à la tension du film s’est ajoutée celle qui a opposé Hitchcock et son producteur pendant le tournage, au point qu’on peut se demander qui est le véritable auteur du film. Décidément, suspens à tous les niveaux !